Création de site internet par IA ou par un studio ?
Mis à jour : · Auteur : Artem Kuznetsov
À jour au 5 octobre 2026. Il s’agit d’informations générales sur le droit belge et européen, et non d’un avis juridique ni d’une évaluation de la conformité de votre site. Invoid Vision BV est un studio web, pas un cabinet d’avocats. Les lois et les positions des autorités évoluent ; avant de décider, vérifiez le texte en vigueur ou consultez un avocat, un comptable ou votre organisation professionnelle.
Pour une petite entreprise belge, un générateur de site par IA suffit souvent. Vous décrivez votre activité et, quelques minutes plus tard, vous avez des pages, des textes et des photos qui ont l'air professionnels, en général pour un abonnement mensuel. Ce que l'outil ne fait pas, c'est mettre le site en règle avec le droit belge : les mentions obligatoires de votre entreprise, une bannière cookies que l'Autorité de protection des données accepterait, l'accessibilité si des consommateurs peuvent acheter en ligne, et un nom de domaine enregistré au nom de votre entreprise. Tout cela peut se faire sur un générateur. Il faut seulement savoir que c'est à vous de le faire.
Ce qu'un générateur IA fait bien
Il vous donne une mise en page, des textes de départ et l'hébergement au même endroit, et vous modifiez vous-même quand vous voulez. Pour un indépendant qui a besoin d'une page avec ses services, ses horaires et un numéro de téléphone, le résultat est raisonnable, et payer un studio pour obtenir la même chose se justifie mal.
Les textes ne sont qu'un point de départ. L'outil ne connaît ni votre numéro d'entreprise, ni vos prix, ni ce que vous promettez réellement à vos clients. Relisez chaque phrase en vous disant qu'un client pourra s'en prévaloir, parce qu'il le peut.
Ce qui reste à votre charge selon les règles belges
Les mentions obligatoires
Toute entreprise qui a un site doit offrir aux visiteurs un accès facile, direct et permanent à son nom, son adresse géographique, ses coordonnées de contact, adresse e-mail comprise, et son numéro d'entreprise (Code de droit économique, art. XII.6). Une société (SRL, SA et autres personnes morales) indique en plus sa forme juridique, l'adresse de son siège et les lettres RPM suivies du tribunal du siège, par exemple « RPM Liège » (Code des sociétés et des associations, art. 2:20). Si vous êtes assujetti à la TVA, ajoutez le numéro de TVA. Le SPF Economie demande au moins deux moyens de contact, et si vous vendez en ligne, une adresse e-mail et un numéro de téléphone. Le texte du code est sur Justel.
L'outil vous donne un pied de page, mais il ne sait pas ce qu'il faut y mettre. Selon l'article 2:22 du CSA, celui qui intervient pour la société dans un site sans ces mentions peut, selon les circonstances, être tenu personnellement des engagements que la société a pris par ce site. La liste complète est dans Mentions légales d'un site internet en Belgique.
Une bannière cookies conforme à l'APD
Si le site utilise des statistiques de visite, un pixel publicitaire, ou une vidéo ou une carte intégrée qui dépose ses propres cookies, le visiteur doit consentir avant que quoi que ce soit de non essentiel soit stocké ou lu. La check-list cookies de l'Autorité de protection des données (octobre 2023) demande notamment :
- un bouton « Tout refuser » au premier niveau, au même niveau que « Tout accepter » ;
- aucune couleur ni mise en forme qui pousse à accepter ;
- rien de non essentiel avant le consentement, statistiques de visite comprises ;
- un lien bien visible pour retirer son consentement en un clic.
Si votre générateur propose une bannière cookies, c'est à vous de vérifier qu'elle est activée et qu'elle bloque vraiment les statistiques jusqu'au clic. Ouvrez votre site en navigation privée et regardez. Il vous faut aussi une politique de confidentialité.
L'accessibilité, si des consommateurs peuvent acheter en ligne
La loi du 5 novembre 2023 vise les sites sur lesquels un consommateur conclut un contrat en ligne : acheter, commander, réserver avec paiement. Un site qui présente vos services avec un formulaire de contact n'est pas concerné. Une micro-entreprise (moins de 10 travailleurs et un chiffre d'affaires ou un total du bilan de 2 millions d'euros au plus) reste en dehors de toute la loi jusqu'au 28 juin 2030, comme le précisent les lignes directrices du SPF Economie (point 6.2.1). C'est une période de transition, pas une exemption définitive.
Si la loi s'applique à vous, un modèle ne rend pas le site accessible à lui seul : les images ont besoin d'une alternative textuelle, le contraste doit être suffisant et la commande doit pouvoir se faire au clavier. Plus de détails dans Accessibilité d'un site web : l'EAA en Belgique.
Votre nom de domaine et votre porte de sortie
Vérifiez au nom de qui le domaine est enregistré. Pour un .be, le WHOIS de DNS Belgium l'indique : le champ « organisation » doit porter le nom de votre entreprise. DNS Belgium conseille d'utiliser votre propre adresse e-mail, car le code de transfert qui permet de déplacer le domaine n'est envoyé qu'à l'adresse du titulaire. Si vous enregistrez le domaine via le générateur, demandez à quel nom il sera enregistré et comment vous pourrez le reprendre.
Posez la même question pour le site. Pouvez-vous exporter les pages et les textes, ou n'existent-ils que dans la plateforme ? Que deviennent le site et les demandes reçues si vous arrêtez de payer ? Les plateformes diffèrent sur ce point, et mieux vaut le savoir avant de construire qu'après.
Le français et le néerlandais
Beaucoup d'entreprises belges ont besoin d'un site en français et en néerlandais. Chaque langue fonctionne mieux comme un ensemble de pages distinct, avec sa propre adresse. C'est aussi ce que recommande Google pour être trouvé. Un widget qui traduit automatiquement la page dans le navigateur du visiteur ne vous donne pas cela. Faites relire le texte par quelqu'un qui parle la langue avant la mise en ligne.
Un chatbot
Si vous ajoutez un chatbot IA au site, l'article 50 du règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle impose que les personnes sachent qu'elles échangent avec un système d'IA, sauf si c'est évident ; cette règle s'applique depuis le 2 août 2026.
Générateur ou studio : un test rapide
Un générateur suffit probablement si :
- le site présente vos services et reçoit des demandes, rien de plus ;
- vous remplissez vous-même les mentions et réglez la bannière cookies à l'aide des listes ci-dessus ;
- vous avez besoin d'une seule langue, ou de quelqu'un qui rédige la seconde ;
- vous aimez modifier vos pages vous-même.
Un studio vaut la dépense si :
- des consommateurs paient ou réservent avec paiement sur le site, et vous n'êtes pas une micro-entreprise ;
- il vous faut deux langues ou plus, en pages distinctes et indexables ;
- le site doit se connecter à un système de réservation, un CRM ou votre logiciel comptable ;
- vous voulez le code, les fichiers de design et le domaine au nom de votre entreprise, avec une cession de droits écrite.
Ce que nous proposons
Notre Site Starter coûte 1 400 € hors TVA : jusqu'à trois pages, un design à partir d'un modèle, un formulaire de contact, des statistiques, un hébergement dans l'UE mis en place, un socle RGPD (page de confidentialité et mention cookies), la mise en ligne, une seule langue et une heure de prise en main, en 5 jours ouvrables à partir du jour où nous avons vos contenus. Les textes juridiques ne sont pas compris : nous intégrons votre politique de confidentialité et vos conditions, votre avocat les rédige. Après la mise en ligne, le plan Care, facultatif, coûte 69 € par mois, pour 12 mois minimum, avec hébergement dans l'UE, SSL, sauvegardes, mises à jour, surveillance de disponibilité et une heure de modifications par mois. Le reste, exclusions comprises, figure sur la page des prix et la page développement de site web. Ce que coûte un site en général est expliqué dans Prix d'un site internet en Belgique.