Le prix d'une application se compose de deux parties : le développement, payé une fois, et ce que vous payez chaque année pour la faire tourner. Le développement dépend surtout du nombre de plateformes (une application web, iOS, Android), du nombre de types d'utilisateurs et de ce qui se passe derrière l'écran : paiements, intégrations, interface d'administration. Chaque année, vous payez les serveurs, les stores, les services tiers et les mises à jour qu'Apple et Google imposent à toutes les apps. Deux devis ne se comparent qu'une fois qu'on connaît les deux parties et ce que chacun laisse de côté.
Vous ne trouverez pas ici de prix moyen du marché. Il n'existe pas de chiffres fiables pour la Belgique, et un freelance, une agence et une équipe à l'étranger chiffrent la même application de façon si différente qu'une moyenne ne dirait rien. Nous allons plutôt voir ce qui fait varier le prix, ce qu'il faut demander avant de signer et ce que coûte une application chez nous.
Ce qui fait le prix du développement
Les plateformes : web, iOS, Android
C'est le choix le plus lourd. Une application web tourne dans le navigateur, sur n'importe quel appareil, sans validation par un store, et une mise à jour est disponible dès sa mise en production. Pour beaucoup d'outils B2B et de premières versions, cela suffit.
Si vous voulez être sur l'App Store et Google Play, deux voies existent. Les applications natives (Swift pour iOS, Kotlin pour Android) supposent deux bases de code, écrites et testées deux fois. Les frameworks multiplateformes comme Kotlin Multiplatform, Flutter ou React Native partagent l'essentiel du code entre les deux. C'est en général moins de travail que deux apps natives, mais pas la moitié. Chaque app doit tout de même être compilée, testée sur de vrais appareils et publiée séparément sur chaque store.
Demandez à chaque agence quelle voie elle propose, et pourquoi. « iOS et Android » dans un devis peut vouloir dire l'une ou l'autre.
Utilisateurs, rôles et écrans
Une application où tout le monde voit la même chose coûte moins cher qu'une application avec des clients, du personnel et des responsables qui ont chacun leurs écrans et leurs droits. Comptez les rôles, puis les écrans par rôle. Chaque écran a aussi des états que quelqu'un doit dessiner et développer : vide, chargement, erreur, hors connexion.
Le backend
Presque toute application a besoin d'un serveur : une base de données, des comptes et la connexion, la logique métier, les e-mails. C'est la partie que le client ne voit jamais et qu'il sous-estime souvent. La seule connexion peut se faire par e-mail et mot de passe, par « Se connecter avec Apple/Google » ou par le SSO de votre organisation, et chaque option représente un travail différent.
Intégrations et paiements
Chaque connexion à un autre système est un travail à part : Stripe ou Bancontact pour les paiements, votre logiciel comptable, un CRM, un système de réservation, une API publique. Un devis avec une intégration et un devis avec cinq ne portent pas sur le même projet, même si les écrans se ressemblent.
Une interface d'administration
Quelqu'un devra modifier un prix, bloquer un utilisateur ou corriger une donnée sans appeler un développeur. Ce back-office est une petite application à lui seul, et il manque souvent dans un devis bon marché.
Le mode hors ligne et les notifications
Une application qui fonctionne sans connexion doit stocker les données sur le téléphone et résoudre les conflits au retour du réseau. C'est l'une des fonctions les plus chères que vous puissiez demander. Les notifications push demandent une configuration par plateforme et un serveur qui décide qui reçoit quoi, et quand.
Le design
Un design construit sur une bibliothèque de composants existante coûte moins qu'une identité visuelle sur mesure, avec ses propres illustrations et animations. Les deux peuvent bien fonctionner ; le devis doit dire lequel vous achetez.
Ce que vous payez chaque année après la mise en production
- Les serveurs et l'hébergement. Le backend, la base de données et le stockage des fichiers tournent quelque part, en général chez un fournisseur cloud, avec une facture mensuelle qui grandit avec l'usage.
- L'Apple Developer Program. Publier sur l'App Store demande une adhésion de 99 USD par année d'adhésion, affichée en monnaie locale lors de l'inscription (page en anglais).
- Google Play. Un compte Play Console coûte 25 USD de frais d'inscription, une seule fois.
- Les commissions des stores. Si vous vendez des contenus numériques ou des abonnements dans l'app, Apple et Google prennent une part. Le taux dépend de votre chiffre d'affaires et du type de vente, et l'EEE a ses propres conditions : consultez les pages à jour d'Apple et de Google plutôt qu'un chiffre repris d'un blog.
- Les mises à jour imposées par les plateformes. Les deux stores relèvent régulièrement leurs exigences. Depuis le 28 avril 2026, les apps envoyées sur App Store Connect doivent être compilées avec Xcode 26 et un SDK pour iOS 26 ou la plateforme correspondante. Sur Google Play, depuis le 31 août 2026, les nouvelles apps et les mises à jour doivent cibler Android 16 (niveau d'API 36). Une application que personne ne touche pendant un an ou deux finit par être refusée le jour où vous voulez publier un correctif.
- Les services tiers : envoi d'e-mails, suivi des erreurs, statistiques, cartes, SMS. Chacun a son abonnement, souvent gratuit au début et payant dès que vous avez des utilisateurs.
Si le prix du développement paraît anormalement bas, vérifiez que la différence ne se cache pas dans un forfait mensuel impossible à résilier, ou dans un hébergement que seule l'agence peut gérer.
Pourquoi commencer par un MVP
Un MVP, c'est une première version utilisable en production par de vrais utilisateurs : un parcours métier principal, bien fait, avec de vrais comptes. Le produit complet que vous avez en tête coûte un multiple de cela, et une bonne partie reste une supposition tant que de vrais utilisateurs n'ont pas touché la première version. Le MVP vous permet de dépenser moins pour apprendre quelle moitié de votre liste de fonctions compte vraiment. Beaucoup de fondateurs constatent aussi qu'une application web suffit pour la première version, et ajoutent iOS et Android une fois qu'ils savent ce que les gens utilisent.
Prix fixe ou travail en régie
En régie, vous payez les heures prestées. Cela convient à un travail dont personne ne peut décrire le résultat à l'avance, mais le dépassement est à votre charge. Demandez un plafond d'heures et ce qui se passe quand il est atteint.
Avec un prix fixe, c'est l'agence qui porte le dépassement, et le périmètre doit être écrit en détail avant le démarrage. Lisez ce périmètre attentivement : un prix fixe pour un périmètre flou est un prix fixe pour ce que l'agence décidera de livrer. Demandez comment les changements après la signature sont traités et chiffrés.
Ce qu'il faut demander avant de signer
- Quelles plateformes sont comprises : web, iOS, Android ? En natif ou en multiplateforme, et avec quel framework ?
- Qu'est-ce qui n'est pas compris ? Demandez une liste écrite : design, interface d'administration, reprise de données, publication sur les stores, traductions, tests sur de vrais appareils.
- À qui appartient le code après paiement ? En Belgique, les droits sur une œuvre qu'un prestataire réalise pour vous ne vous sont pas transférés d'office ; la cession doit figurer dans le contrat (Code de droit économique, art. XI.167, sur Justel). Les bibliothèques et composants que l'agence a créés auparavant restent en général sous leurs propres licences.
- Aurez-vous accès au dépôt de code dès le premier jour, ou seulement à la fin ?
- Les comptes cloud, de nom de domaine et d'e-mail sont-ils au nom de votre entreprise ?
- Les comptes App Store et Google Play sont-ils au nom de votre entreprise ? Apple n'inscrit une organisation que si elle est une entité juridique dotée d'un numéro D-U-N-S, et l'app affiche votre entreprise comme vendeur. Google exige aussi un numéro D-U-N-S pour un compte d'organisation. Un compte Google personnel créé après le 13 novembre 2023 doit d'abord mener un test fermé avec au moins 12 testeurs pendant 14 jours avant de pouvoir publier. Sortir plus tard une app du compte d'une agence demande du travail en plus : commencez dans le vôtre.
- Qui prépare la fiche sur les stores et qui gère l'examen par Apple et Google, y compris en cas de refus ?
- Que coûte la première année après la mise en production, hébergement, frais des stores et services compris ?
- Qui fait les mises à jour imposées par les plateformes après la mise en production, et à quel prix ?
- Le prix est-il TVA comprise ou hors TVA ? Les agences qui travaillent pour des entreprises chiffrent en général hors TVA.
- Comment les paiements sont-ils échelonnés ? Un gros acompte sans rien voir pendant des mois, c'est un risque que vous portez.
Les signaux d'alerte dans un devis d'application
- Un montant unique, sans liste des écrans, des rôles ni des exclusions.
- « iOS et Android » sans préciser comment.
- Les comptes des stores, le compte cloud ou le dépôt seront au nom de l'agence, « pour plus de facilité ».
- Rien sur l'interface d'administration, les tests ou la mise en production.
- Un contrat de maintenance obligatoire et sans date de fin.
- Une date de livraison donnée avant que quiconque ait posé une question sur vos utilisateurs, vos rôles ou vos intégrations.
Si c'est un site internet et non une application qu'il vous faut, lisez plutôt Prix d'un site internet en Belgique.
Ce que coûte une application chez nous
Nous publions nos prix pour que vous puissiez les comparer avant même de nous parler. Tous les prix sont hors TVA.
| Formule | Prix | En bref |
|---|---|---|
| Product Decision Sprint | 2 500 € | 5 jours ouvrés : parcours utilisateurs, prototype cliquable, plan technique et devis à prix fixe pour le développement. Rien ne part en production. |
| MVP web | 14 000 € | 8–10 semaines : une application web responsive avec comptes, un parcours métier principal, une administration simple, une intégration ou un moyen de paiement, tests et mise en production |
| Product Build | à partir de 25 000 € | plusieurs parcours métier, périmètre et calendrier arrêtés après un Product Decision Sprint |
Le MVP web, c'est le web d'abord. Il ne comprend ni application native iOS ou Android, ni mode hors ligne, ni deuxième intégration, ni reprise de données existantes, ni SSO, ni reporting sur mesure. Une publication mobile native est une option à prix fixe qui s'ajoute au MVP ou au Product Build, chiffrée avant le démarrage. Nous avons publié nos propres apps sur les deux stores (Komparo sur Google Play, Crypto Vision sur l'App Store) et repris le produit iOS et Android existant d'un client, dont nous avons continué à publier de nouvelles versions sur les deux.
Le MVP se paie 30 % à la signature, 40 % au jalon fonctionnel validé et 30 % à la mise en production et à la remise. Pour le Product Build, 25 000 € est un plancher, pas un prix : le montant et la date sont arrêtés une fois le document de cadrage validé. Le Product Decision Sprint se paie intégralement à l'avance et son montant est entièrement déduit d'un développement qui démarre dans les 30 jours. Tout ajout après la signature passe par un avenant écrit, chiffré avant d'être développé.
Le code, le design, le dépôt et les accès vous sont transférés au paiement intégral ; les licences de tiers restent la propriété de leurs titulaires. Après la mise en production, vous pouvez prendre une formule de maintenance mensuelle, Care à partir de 69 € par mois, ou le bloc de travail suivant, à prix fixe. Aucun des deux n'est obligatoire.
Le périmètre, les exclusions et les conditions de paiement de chaque formule sont détaillés sur la page des prix, et le déroulement d'un MVP sur la page développement de MVP.
